
Résumé
Fille d'un esclave violée par un marin sur le bateau négrier qui l'emmène vers le Nouveau Monde, Tituba grandit à la Barbade. Nous sommes au XVIIème siècle, lors des premières révoltes et des Nègres marrons.
A la mort de sa mère, la petite Tituba va être recueillie par Man Yaya, une guérisseuse. Elle ne lui apprendra pas le catéchisme que les Blancs inculquent de force aux Noirs, mais le vaudou, et elle va l'initier à la sorcellerie. Elles vivent toutes deux recluses, craintes.
Jusqu'à l'arrivée de John Indien qui va séduire Tituba et la ramener auprès des hommes.
Critique
"Moi, Tituba, sorcière..." est un roman sur les intolérances : Noirs et Blancs, religieux intégristes et sorciers vaudous, catholiques et juifs... A travers son périple dans le Nouveau Monde, Tituba nous montre comment il s'est bâti dans le sang et la peur de l'autre.
Mais Maryse Condé signe aussi là un vibrant plaidoyer féministe. Son héroïne n'est pas qu'une sorcière, pas qu'une Noire, elle est aussi une femme. A ce titre, elle va subir les trahisons des hommes et leurs mépris. Elle va aussi essayer d'en vivre séparée et de se trouver elle-même.
Ecrit avec beaucoup de simplicité, "Moi, Tituba, sorcière" n'en est pas moins un roman très fort. Maryse Condé utilise beaucoup les dialogues et les silences et créé ainsi un récit très vivant et dynamique. Le lecteur en est d'autant plus sensible aux situations injustes, parfois déchirantes, que vit la pauvre Tituba.
Le roman est basé sur des faits réels : Tituba a véritablement existé, elle a véritablement subi le procès des sorcières de Salem. Si Maryse Condé a brodé autour des rares faits qui subsistent sur elle, c'est pour lui rendre un hommage vibrant, et à travers ce personnage, à toutes les femmes et tous ceux qui ont subi l'injustice car ils étaient différents.
Note :

Ce livre basé sur de faits réels montre à quel point les abus de pouvoir et l'esclavagisme des noirs ainsi que le racisme ont touché notre monde. Le recit en étant simple et direct est émouvant, qui ne peut pas être touché par cette réalité encore adoptée ?